Un prophète, de Jacques Audiard
"Si tu le tues pas, c'est moi qui te tue." Malik, 19 ans, vient d'écoper de six ans de prison à la Centrale. Seul et livré à lui-même, il se fait approcher par César Luciani (un Niels Arestrup glacial) la tête du gang des corses, qui lui propose sa protection en échange d'un meurtre. Le jeune analphabète n'a pas d'autre choix que d'accepter cet ordre. Il déclenche alors un terrible engrenage et s'engouffre dans un labyrinthe carcéral fait de réseaux, de marchés et d'arrangements entre caïds. Il devient les yeux et les oreilles de son geôlier corse, effectue ses missions, et apprend à survivre en tirant son épingle du jeu. Car, petit à petit, en gagnant la confiance de César, Malik parviendra à retourner la situation en sa faveur. Lui qui proclamait n'être du côté de personne, va finalement choisir son camp...
Jacques Audiard nous livre dans Un Prophète une œuvre magistrale couronnée du Grand Prix au dernier Festival de Cannes. Tahar Rahim, repéré par le scénariste Abdel Raouf Dafri, incarne le rôle titre avec force et sincérité. Du grand cinéma français comme on aimerait en voir plus souvent.
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Y'a bien que les politiques pour faire des universités l'été !
Le phénomène des universités d’été est désormais implanté et tout le monde en fait. La volonté d’occuper l’espace médiatique, traditionnellement creux, de la prérentrée est louable. Cependant à occuper pour occuper...
L'univ' d'été de l'UMP (4-6/09) a vu tous les ministres monter à la tribune. Même le 1er ministre -ou ce qu'il en reste- a commenté ses dissensions avec son "patron". On aurait presque versé une larme pour Droopy. Nadine Morano pète la forme et aurait de nouveau enflammé le dancefloor. Le thème était "Changer le monde", on reste furieusement loin du compte.
Le même week-end le MODEM et son Béarnais volant de président ont dit vouloir "dialoguer", proposer un "parlement de l’alternance" où chacun confronterait ses idées. Par contre, toujours pas d'alliance nationale en vue. Bref "ni droite, ni gauche" se transforme en "ni alliance, ni porte fermée" ce qui ne change pas, c'est qu’on n’y comprend rien.
Quelques jours avant son ouverture, l'univ d'été du PS (28-30/08) promettait: des langues de putes, du sang, des larmes, bref la routine. Et bien même pas! Tout le monde s'aime, fait des blagues. Hamon, sur le non-cumul des mandats, aurait dit "faites comme moi, n'ayez plus de mandat du tout!". Mais s’aimer n’est ni un programme ni une ligne directrice : le summer of love c’est fini.
Europe Ecologie a fait son raout à lui à Nîmes. Entre les blagues de Cohn Bendit, la moustache de José et les lunettes rouges d’Eva Joly, on se demande combien de temps ça va tenir. L’appel à une autre gauche de gouvernement est sexy mais pour le moins imprécis.
Le NPA a donné dans le fond (Marx, Trotski… on ne se refait pas). Le problème reste l’incapacité qu’a ce parti à se positionner par rapport à ses collègues d’extrême gauche. Le PCF a, tout comme le NPA, fait pas mal d’ateliers (crises, luttes…). C’est intéressant mais pas super offensif comme technique de drague des électeurs.
Bref les universités d’été sont devenues un passage obligé. Le problème est que toutes tombent dans la caricature d’elles-mêmes, la redondance ou l’incantation. Avec des idées pas plus couvrantes qu’un monokini le risque est de retrouver une participation du même acabit aux régionales. |